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EcoRenovFrance

Pompe à chaleur et décret tertiaire : obligations, aides et fiches CEE en 2026

Sous la responsabilité éditoriale de Bertrand Potel.
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L’essentiel en 4 points

  • Décret tertiaire : -40 % de consommation d’énergie finale en 2030, -50 % en 2040, -60 % en 2050, pour les bâtiments tertiaires de 1 000 m² ou plus (art. L174-1 du CCH)
  • Déclaration annuelle sur la plateforme OPERAT de l’ADEME au plus tard le 30 septembre ; année de référence à choisir avant le 30 septembre 2027
  • Sanction : amende jusqu’à 7 500 € pour une personne morale (1 500 € pour une personne physique) et publication de la mise en demeure
  • PAC air/eau tertiaire (fiche BAT-TH-163) : jusqu’à 1 300 kWh cumac par m² en zone H1, multipliés par 3 en Coup de pouce si une chaudière fossile est remplacée

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Le décret tertiaire, ou dispositif Éco Énergie Tertiaire, oblige les propriétaires et les occupants de bâtiments accueillant au moins 1 000 m² d’activités tertiaires à réduire leur consommation d’énergie finale d’au moins 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050 par rapport à une année de référence qui ne peut être antérieure à 2010, ou à atteindre un seuil en valeur absolue fixé par catégorie d’activité (article L174-1 du code de la construction et de l’habitation, décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019). Les consommations se déclarent chaque année sur la plateforme OPERAT de l’ADEME, au plus tard le 30 septembre. Remplacer une chaudière au gaz ou au fioul par une pompe à chaleur est l’un des leviers les plus directs, car la pompe à chaleur fournit plus d’énergie qu’elle n’en consomme. En 2026, une pompe à chaleur air/eau tertiaire ouvre droit à la prime CEE de la fiche BAT-TH-163, multipliée par 3 avec le Coup de pouce collectif et tertiaire, et peut recevoir le Fonds Chaleur de l’ADEME.

Unité extérieure de pompe à chaleur derrière une clôture grillagée, contre un bâtiment en pierre de la Loire
Pompe à chaleur d’un bâtiment communal à Saint-Vincent-de-Boisset (Loire), février 2018.

Ce qui change en 2026 pour le tertiaire

Depuis le 28 décembre 2025, le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 fixe au 1ᵉʳ janvier 2030 l’obligation d’équiper d’un système d’automatisation et de contrôle (BACS) les bâtiments tertiaires existants dont le système de chauffage ou de climatisation dépasse 70 kW ; l’échéance de 2027 annoncée en 2023 n’est plus en vigueur.

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le Coup de pouce « Chauffage des bâtiments résidentiels collectifs et tertiaires » multiplie les CEE par 3 pour une PAC air/eau, par 4 pour une PAC eau/eau et par 5 pour la géothermie.

Depuis le 30 avril 2026, les fiches BAT-TH-163 (PAC air/eau) et BAT-TH-164 (PAC eau/eau) s’appliquent dans leur version vA81-2 ; la fiche BAT-TH-113 ne figure plus au catalogue.

Depuis le 20 août 2026, un arrêté du 11 août 2026 modifie l’annexe II de l’arrêté du 10 avril 2020 (modulations des objectifs) ; le détail de ces changements est à vérifier sur Légifrance.

Décret tertiaire
Le décret tertiaire désigne l’obligation de réduction de la consommation d’énergie finale des bâtiments à usage tertiaire, créée par la loi ELAN de 2018 (article L174-1 du code de la construction et de l’habitation) et précisée par le décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019 et l’arrêté du 10 avril 2020. Le dispositif porte aujourd’hui le nom d’Éco Énergie Tertiaire.

Qui est soumis au décret tertiaire ?

Le décret tertiaire s’applique à tout bâtiment, partie de bâtiment ou ensemble de bâtiments situés sur une même unité foncière qui accueille au moins 1 000 m² de surface d’activités tertiaires, marchandes ou non marchandes (article R174-22 du code de la construction et de l’habitation). Les obligations pèsent sur les propriétaires et, le cas échéant, sur les preneurs à bail.

Bureaux, commerces, hôtels, établissements de santé, d’enseignement, entrepôts chauffés : la nature de l’activité compte, pas le statut public ou privé du propriétaire. Une copropriété mixte est concernée pour ses surfaces tertiaires.

Quels sont les objectifs du décret tertiaire ?

Les objectifs du décret tertiaire sont une baisse de la consommation d’énergie finale d’au moins 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050 par rapport à une année de référence postérieure ou égale à 2010, ou l’atteinte d’une consommation en valeur absolue fixée par arrêté pour chaque catégorie d’activité. Le respect des objectifs est contrôlé au plus tard le 31 décembre 2031, 2041 et 2051.

Les échéances du décret tertiaire

Objectifs de réduction de la consommation d’énergie finale des bâtiments tertiaires de 1 000 m² ou plus en France, par rapport à l’année de référence, selon l’article L174-1 et l’article R174-31 du code de la construction et de l’habitation
ÉchéanceRéduction minimaleContrôle au plus tard le
2030-40 %31 décembre 2031
2040-50 %31 décembre 2041
2050-60 %31 décembre 2051

Alternative : atteindre la valeur absolue de consommation fixée pour la catégorie d’activité. Des modulations sont possibles pour contraintes techniques, architecturales ou patrimoniales, changement d’activité ou coûts manifestement disproportionnés.

Source : Code de la construction et de l’habitation, art. L174-1

Quels sont les objectifs d’OPERAT ?

OPERAT est la plateforme de l’ADEME sur laquelle les assujettis déclarent chaque année, au plus tard le 30 septembre, les consommations d’énergie de l’année précédente de chaque bâtiment tertiaire. OPERAT calcule la trajectoire par rapport à l’année de référence et délivre une attestation annuelle ; l’année de référence doit être choisie avant le 30 septembre 2027, faute de quoi la première année pleine déclarée s’applique.

Quelles sanctions en cas de non-respect du décret tertiaire ?

L’absence de déclaration sur OPERAT donne lieu à une mise en demeure avec un délai de 3 mois ; des objectifs non atteints imposent un programme d’actions, puis une seconde mise en demeure. À défaut, l’amende administrative peut atteindre 1 500 € pour une personne physique et 7 500 € pour une personne morale, et la mise en demeure est rendue publique (article R185-2 du code de la construction et de l’habitation).

Pourquoi la pompe à chaleur aide-t-elle à atteindre l’objectif ?

Le décret tertiaire mesure l’énergie finale, celle qui est facturée : une pompe à chaleur qui remplace une chaudière au gaz réduit fortement la consommation finale de chauffage, car chaque kWh d’électricité consommé restitue plusieurs kWh de chaleur. Le changement de production de chaleur est donc, avec l’isolation et le pilotage, l’un des trois leviers principaux de la trajectoire 2030.

Le pilotage compte aussi : le décret BACS impose un système d’automatisation et de contrôle aux bâtiments tertiaires dont le système de chauffage ou de climatisation dépasse 290 kW depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, et à ceux qui dépassent 70 kW lors du renouvellement du système et au plus tard le 1ᵉʳ janvier 2030 (article R175-2). Une dérogation est possible si le temps de retour sur investissement dépasse 10 ans, aides déduites.

Quelles aides pour une pompe à chaleur dans un bâtiment tertiaire ?

Une pompe à chaleur dans un bâtiment tertiaire mobilise en 2026 deux aides principales : la prime CEE de la fiche correspondant à la technologie (BAT-TH-163 pour l’air/eau, BAT-TH-164 pour l’eau/eau, BAT-TH-162 pour la géothermie, BAT-TH-158 pour l’air/air réversible), bonifiée par le Coup de pouce collectif et tertiaire en cas de remplacement d’une chaudière fossile, et le Fonds Chaleur de l’ADEME pour les installations qui produisent au moins 25 MWh d’énergie renouvelable par an.

Fiches CEE pompe à chaleur en vigueur pour le tertiaire

Fiches d’opérations standardisées CEE applicables à une pompe à chaleur dans un bâtiment tertiaire existant en France métropolitaine, versions en vigueur au 20 octobre 2026, et coefficient Coup de pouce applicable en cas de remplacement d’une chaudière au charbon, au fioul ou au gaz
FicheOpérationVersionCoup de pouce 2026
BAT-TH-163Pompe à chaleur air/eauvA81-2 depuis le 30 avril 2026×3
BAT-TH-164Pompe à chaleur eau/eau ou eau glycolée/eauvA81-2×4
BAT-TH-162Système géothermiquevA81-2×5
BAT-TH-158Pompe à chaleur réversible air/airvA62-3 depuis le 1ᵉʳ janvier 2025non bonifiée
BAT-TH-113ancienne fiche « PAC air/eau ou eau/eau »retirée du catalogue—

Barème de la fiche BAT-TH-163 (PAC air/eau tertiaire, 400 kW ou moins)

Volume de CEE en kWh cumac par m² chauffé pour une pompe à chaleur air/eau de 400 kW ou moins dans un bâtiment tertiaire, selon l’efficacité saisonnière (ETAS) et la zone climatique, fiche BAT-TH-163 version vA81-2 en vigueur depuis le 30 avril 2026
ETASZone H1Zone H2Zone H3
de 111 % à 126 %1 100900600
de 126 % à 175 %1 2001 000700
175 % et plus1 3001 000700

Formule : kWh cumac/m² × surface chauffée × facteur secteur × R. Facteur secteur : bureaux 1,2 ; santé 1,1 ; commerces 0,9 ; enseignement 0,8 ; hôtellerie-restauration 0,7 ; autres 0,7. Au-delà de 400 kW, le barème dépend du COP (3,4 à 4,5 : 1 100 / 900 / 600 ; 4,5 et plus : 1 200 / 1 000 / 700). Durée de vie conventionnelle : 22 ans.

Source : Catalogue des fiches CEE — BAT-TH-163

Combien rapporte la prime CEE pour 2 000 m² de bureaux ?

Pour 2 000 m² de bureaux chauffés en zone H1 par une pompe à chaleur air/eau d’ETAS supérieure ou égale à 175 %, la fiche BAT-TH-163 donne 1 300 × 2 000 × 1,2 = 3 120 000 kWh cumac, soit environ 27 144 € au prix de 8,70 € le MWh cumac relevé par la DGEC en juin 2026. Avec le Coup de pouce ×3, applicable au remplacement d’une chaudière fossile, la prime indicative atteint environ 81 432 €.

Hypothèses : PAC de 400 kW au plus assurant la totalité du chauffage (R = 1), prix de valorisation indicatif ; le montant réel dépend de l’offre de l’obligé, contractualisée avant l’engagement des travaux.

Le Fonds Chaleur finance-t-il une pompe à chaleur tertiaire ?

Le Fonds Chaleur de l’ADEME finance en 2026 les pompes à chaleur des bâtiments tertiaires qui produisent au moins 25 MWh d’énergie renouvelable par an, par un forfait par MWh renouvelable calculé sur 20 ans : 6 € par MWh pour une PAC air/eau, 25 € sur nappe, 44 € avec des échangeurs compacts et 50 € avec des sondes géothermiques, dans la limite de 45 % des dépenses éligibles. Les PAC air/air sont exclues, et la PAC air/eau n’est admise que selon le zonage de la géothermie de minime importance.

Ce qu’on ne vous dit pas

  • Une pompe à chaleur ne suffit pas toujours à atteindre -40 % en 2030 : dans un bâtiment où la climatisation, l’éclairage et la bureautique pèsent lourd, le chauffage n’est qu’une part de la consommation finale, et le pilotage ou la sobriété comptent autant.

  • Une PAC air/air réversible améliore souvent le confort d’été mais peut augmenter la consommation de froid : le gain réel se mesure sur la déclaration OPERAT de l’année suivante, pas sur la fiche technique.

  • Les montants CEE de cette page sont des volumes réglementaires convertis à un prix de marché indicatif ; seule l’offre signée de l’obligé fait foi.

Sources

  1. Code de la construction et de l’habitation, article L174-1 (réduction de la consommation d’énergie finale des bâtiments tertiaires)Légifrance, consulté le
  2. Décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019 relatif aux obligations d’actions de réduction de la consommation d’énergie finale dans des bâtiments à usage tertiaireLégifrance, consulté le
  3. Arrêté du 10 avril 2020 relatif aux obligations d’actions de réduction des consommations d’énergie finale dans des bâtiments à usage tertiaire (version mise à jour le 20 août 2026)Légifrance, consulté le
  4. Dispositif Éco Énergie Tertiaire : obligations et sanctions (fiche F38065)Entreprendre.service-public.fr, consulté le
  5. Code de la construction et de l’habitation, article R175-2 (systèmes d’automatisation et de contrôle des bâtiments, version du décret n° 2025-1343)Légifrance, consulté le
  6. Catalogue des fiches d’opérations standardisées d’économies d’énergieMinistère de la Transition écologique, consulté le
  7. Coup de pouce « Chauffage des bâtiments résidentiels collectifs et tertiaires »Ministère de la Transition écologique, consulté le
  8. Arrêté du 27 décembre 2025 (NOR ECOR2535186A) relatif aux bonifications Coup de pouceLégifrance, consulté le
  9. Flash Info DGEC — indices de prix à terme des CEE (juin 2026)Ministère de la Transition écologique, consulté le
  10. Fonds Chaleur — conditions d’éligibilité et de financement 2026, géothermie de surface et aérothermie (document ADEME relayé par le SIEML)ADEME, consulté le

Qui répond de ce contenu

Bertrand Potel

Responsable éditorial — [À COMPLÉTER : fonction]

Bertrand Potel assure la responsabilité éditoriale des contenus publiés par EcoRenovFrance : il valide la méthode de production et la vérification des chiffres, qui renvoient chacun à une source officielle datée. [À COMPLÉTER : parcours, expérience et certifications vérifiables.]

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